Laing House lutte contre la stigmatisation et produit des leaders

juin 28, 2022 | Par FCT

Un phénomène remarquable a lieu dans une maison bleue discrète de la rue Barrington à Halifax. Les jeunes s’y rassemblent en groupe pour jouer à des jeux, cuisiner et faire de la musique et, mine de rien, transformer les soins de santé mentale.

Chez FCT, on s’implique dans nos communautés. C’est pourquoi nous sommes fiers de compter Laing House parmi nos partenaires communautaires qui aident les jeunes partout au Canada. Depuis 2001, Laing House a aidé les Néo-Écossais de 16 à 29 ans aux prises avec des problèmes de santé mentale. Grâce à du soutien et à du mentorat par des pairs, Laing House aide les jeunes à passer de la stigmatisation au rétablissement, en passant par la défense de leurs droits.

Entretien avec Colin Bullard, coordonnateur du développement de fonds à Laing House

Quelle est la particularité de l’approche de Laing House?

Notre approche n’est pas clinique, mais professionnelle pour aider les jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale. Ces jeunes ne sont pas nos patients, mais nos membres. Qu’ils aient reçu un diagnostic d’un professionnel de la santé ou qu’ils l’aient fait eux-mêmes, nous les aidons à se sentir « chez eux » à Laing House.

Nous offrons un rétablissement fondé sur les loisirs, la musique, l’art-thérapie et même des programmes culinaires où ils préparent des repas et mangent ensemble. Nous organisons des ateliers sur la positivité corporelle, des groupes queers plus encore. Tous nos programmes sont conçus pour offrir à nos membres différents lieux sûrs où se rassembler et faire part de leur expérience.

Le rétablissement que nous offrons donne le sentiment d’être une personne, et non pas d’être un patient. Les membres peuvent venir jouer à des jeux et parler de leurs difficultés dans un cadre qu’ils considèrent comme naturel. Il n’y avait pas un tel espace dans le système de soins de santé qui offre des services très cliniques ou seulement un refuge parfois.

Quel rôle le soutien par les pairs joue-t-il dans le rétablissement de vos membres?

Les gens qui éprouvent ce type de problèmes peuvent se réunir et s’entraider. Nous tentons d’aider nos membres à se faire un bon réseau d’entraide qui ne dépend pas du personnel ni du système médical.

Nos membres assument des rôles de leadership et aident ainsi les autres membres à communiquer et même à planifier de nouveaux programmes ensemble. Par le soutien de leurs pairs, ils acquièrent de nouvelles compétences et de la confiance par eux-mêmes.

Avant la pandémie de COVID-19, beaucoup de nos membres allaient à l’école, à des réunions d’affaires ou à des congrès pour parler de santé mentale et donner un visage à leur diagnostic. De nombreux jeunes de la région sont venus à Laing House après avoir entendu un de nos membres parler de son expérience. C’est une porte de plus qui s’ouvre aux gens qui cherchent de l’aide à s’affranchir de la stigmatisation liée à la santé mentale.

Comment Laing House et ses membres luttent-ils contre la stigmatisation de la santé mentale?

Certains de nos membres sont aux prises avec de graves problèmes de santé mentale comme la schizophrénie et même la psychose. Ils ont dû composer avec les préjugés associés à leur diagnostic, notamment qu’ils ne peuvent penser par eux-mêmes, qu’ils sont irrationnels ou qu’ils doivent faire l’objet d’une constante surveillance.

Une telle stigmatisation peut pousser quelqu’un à dissimuler ses problèmes ou à se distancier de lui-même. Ils pourraient se voir refuser un emploi ou un logement.

À Laing House, nous essayons d’offrir un endroit où cette stigmatisation n’existe pas et ne peut nuire à la capacité de se rétablir. Le succès passe par la capacité à faire en sorte qu’il soit normal de parler de santé mentale. C’est un défi, même dans des circonstances normales.

Nous veillons à maintenir un climat décontracté, à faire en sorte que les membres parlent de leur trouble alimentaire, de leur trop grande anxiété pour donner un coup de fil ou de leur trop grand malaise pour travailler. Il est important d’entendre et de comprendre qu’un manque de résilience à un moment donné ne fait pas de vous une personne faible ou un bon à rien.

En plus de nos activités à Laing House, nous travaillons avec des organisations partenaires de différentes communautés de la région pour susciter la discussion sur la santé mentale. La stigmatisation de la santé mentale peut être plus grande dans certaines communautés et cultures que dans d’autres, empêchant les gens de trouver l’aide nécessaire. Nous collaborons avec des groupes établis dans ces communautés pour nous assurer qu’il n’y a pas de tokénisme ou de méfiance.

Pour mettre fin à la stigmatisation, il faut de la confiance, de l’ouverture d’esprit et de l’honnêteté. Nos membres sont des gens ordinaires qui vivent une période difficile de la vie. Ils ont besoin d’aide, mais ils sont quand même sociables et accessibles. La première étape, c’est d’aider nos membres à reconnaître ce qu’ils sont, et non pas à s’identifier à leur diagnostic. La seconde étape, c’est aider le public à le constater.

Laing House vient combler les lacunes du système de soins de santé en offrant un lieu où les gens peuvent se rassembler et être eux-mêmes : absence d’obstacles, de stigmatisation et de dissimulation.

 

Découvrez comment vous pouvez aider Laing House et ainsi changer les choses pour les jeunes de la Nouvelle-Écosse.

 

 

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